Sur les dents - Extrait 2

Attention : cet extrait est susceptible de contenir des spoilers pour les personnes n'ayant pas lu les 4 premiers tomes !

 

Extrait #2

 

— L’immortalité n’est pas un cadeau, Maeve Regan. J’ai vécu mille vies sans jamais trouver le repos. Il est temps pour moi de m’allonger auprès de celui que mon cœur a choisi, maintenant que je les ai retrouvés tous les deux.

Je sentis tous les sourires que j’avais adressés au cours de ma brève existence mourir sur mes lèvres. Puis les larmes montèrent sans que j’aie aucun contrôle sur elles.

Aya s’avança et pencha la tête de façon qu’elle soit si proche de la mienne que je me noyai dans ses yeux.

— La tristesse est le lot de ceux qui demeurent, dit-elle. J’ignorais que je serais un fardeau.

— Un fardeau ? répétai-je entre deux sanglots. Je voulais te sauver !

— Tu m’as sauvée. Comment peux-tu en douter un seul instant ?

— Mais tu vas mourir ! lui reprochai-je.

Je fus incapable de continuer. Un à un, ceux qui m’entouraient disparaissent. Tara, Walter (...). Et Lukas, qui était condamné si on ne trouvait pas un moyen de le débarrasser de la marque. Combien de personnes pouvais-je encore perdre avant de me perdre moi-même ?

— Je ne comprends pas.

— J’espère que tu n’auras jamais à comprendre, dit Aya en relevant mon menton.

 

 (...)

 

Je sentis les larmes monter encore une fois et pris de profondes inspirations pour me calmer. Je tentai de me concentrer sur les longs doigts fins et sombres d’Aya qui se détachaient du décor clair de manière presque féerique. Elle garda le silence pendant les nombreuses secondes qu’il me fallut pour repousser la tristesse et l’enfermer dans la cage qui contenait déjà mon cœur.

— Les jours de la magie sont comptés. Les Sihrs s’éteindront petit à petit. Le pouvoir de Benoxh suivra ton père dans la tombe : personne n’en héritera. Celui de tous les Sihrs qui ont trouvé la mort dernièrement s’est évanoui dans le néant pour cette raison. Lorsque j’étais enfant, la magie nous entourait. Un jour, elle disparaîtra totalement de la surface de la Terre et une autre force la remplacera. Une ère touche à sa fin et une nouvelle commence. Ainsi va la vie. Ce n’est qu’une question de temps. Personne ne peut se battre contre ce qui est inéluctable. Personne n’a le pouvoir de vaincre l’univers, pas même ton père. Nous ne sommes tous qu’une goutte dans son océan.

Elle fit jouer ma larme dans la lumière jusqu’à ce qu’elle ressemble à un soleil miniature.

— Ces gouttes forment pourtant les marées, reprit-elle. Certaines iront s’échouer sur une plage et y sécheront ; plus tard, d’autres, charriées par les nuages, grossiront les flots. C’est un cycle infini. L’heure est venue pour moi de gagner le rivage, mais ce n’est pas ton cas. Tu n’es pas de celles qui remplissent les fonds marins ni de celles qui moussent sur les côtes avant l’heure. Tu es de celles qui forment les vagues des tempêtes, Maeve Regan. En tant qu’enfant de la prophétie, tu as le pouvoir d’un raz-de-marée.

— Il n’y a jamais eu de prophétie.

L’amusement se refléta sur son visage comme le soleil sur l’écume.

— Aucune prophétie n’a jamais existé avant qu’elle se réalise.

 

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Marika Gallman

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